Showroom

Photos du Showroom :

Dans une ancienne cour industrielle du XIXe siècle entre la Bastille et la Nation, Mathilde Baralhé a installé sa galerie show-room pour offrir un écrin aux œuvres d’artistes et de designers contemporains qu’elle a choisi d’éditer.

Sur la porte aveugle du bâtiment en briques rouges, si caractéristiques des édifices industriels du XIXe siècle, le simple nom de Made accueille le visiteur avec sobriété. La surprise se réserve à l’intérieur : une atmosphère toute particulière, signe d’un temps nouveau. C’est dans les ateliers d’une ancienne menuiserie, à l’abri du tumulte urbain pourtant tout proche, que Mathilde Baralhé a décidé de s’installer, dans un quartier mouvant, où citoyens du monde et grossistes textiles croisent artistes et créateurs de toute facture.
Elle ouvre donc la porte de son show-room et habitation aux férus de création contemporaine, aux esthètes et aux experts, qui viennent y humer un air vivifiant, à mille lieues du conformisme ambiant.
Car Pucci de Rossi a fait du décalage sa profession de foi et de l’ironie son mode d’expression. Son style unique, qui associe le bois à des matériaux actuels et industriels comme l’aluminium, le plexiglas, le plomb ou le formica, sa patte si personnelle, fidèle aux techniques artisanales traditionnelles, autant que son sens de l’observation du quotidien et son ingéniosité teintée d’humour, lui confèrent une identité à part, prisée depuis des décennies des collectionneurs contemporains.

Entre ses mains, ces 100m2 d’un seul tenant se sont mués en un lieu double selon un découpage précis qui, pourtant, ne réduit pas l’espace. Ainsi, le show-room est-il organisé en une vaste partie à vivre, avec un bureau, un séjour et une cuisine ouverte. Derrière une porte, la partie privée conjugue l’intimité d’une petite chambre à laquelle on accède par la salle de bain et la commodité d’une buanderie : l’espace y est compté, mais le confort total.

Côté jour, œuvres d’art, pièces de mobilier et objets édités par Mathilde Barahlé -et en conséquence tous à vendre- cohabitent joyeusement, donnant au lieu son caractère, alliant la rigueur des volumes à la poésie des œuvres. Le volume est intact, l’arithmétique des fenêtres conservée, les rangements et les points techniques discrètement escamotés, comme l’entrée où une demi cloison ajoutée a permis de créer l’espace pour un cabinet de toilette et une penderie, ou la cuisine ouverte et pourtant presque invisible depuis le séjour, puisque masquée dans l’épaisseur d’une cloison.

« Je souhaitais rendre l’endroit plus chaleureux avec de la couleur. Mais pour Pucci, la forme compte avant tout. Il a donc choisi des tons intenses en forme d’hommage aux atmosphères de David Lynch ».

Photographe : Antoine Baralhé

Journaliste : Anne Desnos