Le matin vous remarquez des joints qui craquent, la pierre ancienne boit l’eau et gèle. Vous hésitez entre chaux NHL et ciment. Un mauvais choix peut casser le style et réduire la durabilité de l’ouvrage. Cet article détaille les critères de choix du mortier, la préparation du support, les dosages courants, les étapes de pose et l’entretien préventif pour assurer une réparation durable et esthétique.
Choisir entre chaux hydraulique naturelle (NHL) et mortier au ciment
La chaux hydraulique naturelle (NHL) est généralement recommandée pour les pierres anciennes, fragiles ou poreuses. Sa perméance permet à l’humidité de migrer sans provoquer de contraintes internes qui fissurent la pierre. Elle est compatible avec le patrimoine, offre une esthétique douce et un léger ajustement des teintes au séchage. En revanche, un mortier à base de ciment apporte une résistance mécanique supérieure, utile pour les dallages, terrasses, murets porteurs ou joints très sollicités par le trafic et les cycles gel/dégel.
En règle générale :
- Utilisez NHL pour les façades historiques, murs en pierre sèche ou appareillage ancien où la respiration est primordiale.
- Privilégiez le ciment pour les surfaces horizontales soumises à des charges (terrasses, allées fréquentées) ou lorsque l’on recherche une résistance mécanique rapide.
- Pour des réparations esthétiques ponctuelles, les mortiers prêts à l’emploi teintés peuvent convenir mais attention à la compatibilité mécanique et hygrométrique.
Préparation du support et outils nécessaires
Une bonne réparation commence par un nettoyage et un retrait des anciens joints friables. Retirez mécaniquement le mortier cuit sur 2 à 3 cm de profondeur ou jusqu’à retrouver un support sain. Nettoyez poussières et débris avec une brosse dure et, si besoin, un jet d’eau faible. Humidifiez légèrement le fond du joint avant application : la pierre ne doit pas aspirer le mortier à vif.
Matériel recommandé :
- burin manuel ou burineur pour joints profonds,
- brosse métallique, aspirateur de chantier ou jet d’eau,
- truelle plate, fer à joint, taloche souple,
- seau, malaxeur électrique ou bétonnière pour volume,
- gants, lunettes de protection et bâches pour protéger les surfaces voisines.
Dosages, temps de prise et conditions climatiques
Les dosages varient selon le produit ; respectez la fiche technique du fabricant. Pour une chaux NHL courante, un mélange typique est 1 part de chaux pour 2,5 à 3 parts de sable tamisé. Pour un mortier au ciment, un dosage de ciment/sable 1/3 ou 1/4 est souvent utilisé pour joints. L’eau doit être ajoutée progressivement jusqu’à obtenir une plastification suffisante sans être trop liquide.
Températures idéales : entre 5 °C et 25 °En dessous de 5 °C, le risque de gel empêche le durcissement correct ; au-dessus de 25–30 °C, le séchage rapide peut provoquer des fissures. Protégez des pluies fortes et des gels pendant les 48 à 72 premières heures. Les temps de prise varient : la chaux prend plus lentement (quelques jours à plusieurs semaines pour une résistance complète), le ciment durcit en 24 à 72 heures mais atteint sa résistance maximale en 28 jours.
Finitions, profils de joint et esthétique
Le profil du joint influence l’esthétique et la performance : joint concave pour évacuation des eaux, joint affleurant pour un aspect net, ou joint rentré pour souligner les blocs. Lissez le mortier avec un fer à joint pour une finition compacte ou laissez une texture plus rugueuse selon le rendu recherché. Pour l’harmonisation de teinte, réalisez toujours un échantillon sur une petite surface et laissez sécher plusieurs jours avant validation.
Rendement indicatif et coût
Le rendement varie fortement selon la largeur et profondeur du joint. À titre indicatif, un sac de 25 kg peut couvrir environ 6–10 m² pour des joints fins (4–8 mm de large, profondeur 10–15 mm), 3–6 m² pour des joints moyens (10–20 mm), et 1–3 m² pour des joints larges. Le coût dépend du type de mortier, des additifs (hydrofuges, colorants) et de la main-d’œuvre. Les mortiers prêts à l’emploi sont plus pratiques mais souvent plus coûteux au m².
Entretien et prévention des dégradations
Inspectez les joints une fois par an après l’hiver. Nettoyez sans produits agressifs (pas d’acide sur la plupart des pierres calcaires). Les fissures ou joints effrités doivent être repris rapidement pour éviter infiltration d’eau et gel. L’application d’un hydrofuge peut limiter l’absorption d’eau mais doit être choisie avec prudence : certains produits réduisent la perméance et ne conviennent pas aux pierres anciennes.
Conseils pratiques et quand faire appel à un professionnel
Pour une petite zone ponctuelle, un bricoleur expérimenté peut réaliser la réparation en suivant les étapes de préparation, échantillonnage et protection climatique. Pour une façade historique, des joints profonds, ou si la pierre présente des pathologies (salpêtre, desquamation), faites appel à un maçon spécialisé en patrimoine. Testez toujours un échantillon et conservez une petite quantité de mortier pour réparations futures afin d’assurer la continuité de teinte.
En résumé : choisissez la chaux NHL pour la compatibilité et la respiration des pierres anciennes, optez pour le ciment lorsque la résistance mécanique et la rapidité sont prioritaires, respectez la préparation du support et les conditions climatiques, réalisez un échantillon de teinte et programmez un entretien régulier pour prolonger la durée de vie de vos joints.